Ammerbuch-Poltringen

Château à douves de Poltringen (Ammerbuch)

On ne dispose d’aucune information fiable sur les origines du château à douves de Poltringen, mais de nombreuses hypothèses existent : 

Aux alentours de l’an 1000, un château sur pilotis, entouré de douves, aurait déjà existé. On soupçonne l’existence d’au moins deux châteaux prédécesseurs du château actuel. Lors des dernières rénovations (1966-1971), des vestiges d’édifices plus anciens ont été mis au jour : une cour de 8 m x 8 m, deux murs suggérant un château rectangulaire de 20 m x 15 m (aujourd’hui 25 m x 25 m), et une partie d’une ancienne tour d’angle au rez-de-chaussée, à droite de l’entrée.

Après avoir changé de mains à plusieurs reprises, le comte Guillaume IV d’Eberstein acquit le château, ainsi que les villages de Poltringen et d’Oberndorf, pour 6 797 florins en 1538. Un tiers de ces terres relevait du fief du Wurtemberg, et un autre tiers du fief austro-hohenberg. Malgré des querelles parfois vives entre ses descendants, Heinrich Schickhardt fut chargé par le baron Franz von Wolkenstein, en 1613, de reconstruire le château entouré de douves. Schickhardt écrivit dans son inventaire : « Construit pour le seigneur de Wolkenstein dans son château, mais aucun bâtiment principal n’a été érigé. » La reconstruction fut réalisée par Winland, maître d’œuvre de Schickhardt. Les armoiries des familles Wolkenstein et Eberstein sont encore visibles aujourd’hui au-dessus du linteau du portail principal.

Après la peste et la guerre de Trente Ans, les familles Eberstein et Wolkenstein s’éteignirent. Malgré un incendie en 1706, le château, entouré de douves, demeura en grande partie intact, tel que construit par Schickhardt. Son histoire mouvementée, marquée par divers propriétaires et usages, aboutit finalement à son acquisition par la municipalité de Poltringen, qui l’acheta à un brasseur. Une partie du bâtiment fut aménagée en école primaire. Après la fin de la guerre en 1945, des familles de réfugiés y trouvèrent refuge.

En 1958, un rapport d’expertise du service d’urbanisme du district de Tübingen révéla des défauts si graves qu’une rénovation, d’un coût avoisinant les 400 000 DM, paraissait inutile. Le service régional de la conservation des monuments historiques proposa alors au service de la conservation des monuments historiques de la préfecture de Tübingen de radier le château du registre des bâtiments classés.

Le 12 octobre 1960, une explosion de gaz endommagea gravement la tour d’angle sud-ouest, alors que les cours se déroulaient dans d’autres salles. La partie supérieure de la tour s’effondra dans les douves asséchées, qui servaient alors de cour de récréation. L’école fut évacuée et transférée dans son nouveau bâtiment le 14 novembre.

En 1966, la municipalité vendit le château délabré au négociant en fer et matériaux de construction Alfons Boethin, qui finit par, avec l’architecte Henning Hakenbeck, aménager 15 appartements et les vendit à des acheteurs privés après la rénovation générale du château en 1971.

Depuis lors, les propriétaires se sont engagés avec succès à préserver le château à douves, qui est toujours un bâtiment classé.

Le château et ses dépendances, l’ancien bâtiment administratif de style Renaissance, l’immense grange et le moulin avec son pignon à redents, sont décrits comme l’un des monuments artistiques les plus précieux de la vallée de l’Ammer.

Extrait de la brochure commémorative « 400 ans de reconstruction du château par Heinrich Schickhardt », publiée par les habitants du château à douves. Responsables du contenu : Barbara Lambeck, Barbara Hennig-Christ et Dieter Christ.

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